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Déontologie

Publicité des avocats : ce qui est permis, ce qui ne l'est pas

Site, Google Ads, réseaux sociaux, sollicitation personnalisée, avis clients : les règles de communication de la profession d'avocat, expliquées simplement et avec des exemples.

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Cabinet+21 septembre 2026 · 5 min de lecture

Oui, un avocat peut faire de la publicité. Il peut avoir un site internet, être visible sur Google, diffuser des annonces, publier sur LinkedIn et même, sous conditions, contacter directement un prospect. Mais cette communication reste encadrée par les principes essentiels de la profession et par le Règlement intérieur national (RIN).

Beaucoup d'avocats s'interdisent encore des actions pourtant autorisées, par crainte de mal faire. D'autres, à l'inverse, reprennent des pratiques marketing courantes dans d'autres secteurs, qui ne sont pas permises aux avocats. Cet article fait le point.

Ce qui a changé en 2014

Pendant longtemps, la publicité des avocats était très restreinte et la sollicitation interdite. La loi du 17 mars 2014 relative à la consommation, dite loi Hamon, puis le décret du 28 octobre 2014 ont ouvert la voie : la publicité personnelle est autorisée, et la sollicitation personnalisée l'est aussi, dans un cadre précis.

Depuis, la question n'est plus de savoir si un avocat peut communiquer, mais comment il peut le faire.

Le principe : une information loyale

Toute communication d'un avocat doit respecter les principes essentiels de la profession : dignité, probité, loyauté, confraternité, délicatesse, et bien sûr le secret professionnel. Concrètement, elle doit :

  • donner une information sincère sur le cabinet, ses domaines d'activité et ses modalités d'intervention ;
  • ne pas induire le public en erreur ;
  • ne pas porter atteinte à la dignité de la profession ni à la confraternité.

Ce qui est permis

Un site internet complet

Présentation du cabinet et des avocats, domaines d'activité, méthode de travail, informations sur les honoraires, articles, questions fréquentes, formulaire de contact. Le site est l'outil de communication le plus naturel pour un avocat. Pour savoir ce qu'il coûte réellement, voyez combien coûte un site internet d'avocat.

Des annonces en ligne

Les annonces Google Ads ou sur les réseaux sociaux sont possibles, dès lors que leur contenu reste loyal et conforme aux règles de la profession. Le ciblage par zone géographique et par thème (par exemple « avocat licenciement Dijon ») est une pratique courante.

Des contenus utiles

Articles, guides, vidéos pédagogiques, publications LinkedIn : partager son expertise est à la fois autorisé et efficace. C'est aussi ce qui construit votre crédibilité sur Google et dans les outils d'IA comme ChatGPT.

La sollicitation personnalisée, sous conditions

Un avocat peut adresser une offre de service personnalisée à un prospect. Elle doit notamment :

  • prendre la forme d'un courrier postal ou d'un e-mail, à l'exclusion des SMS ;
  • préciser les modalités de détermination du coût de la prestation ;
  • rester loyale et mesurée, sans pression.

Les avis clients

Collecter des avis Google est possible. La demande doit rester sobre et sans contrepartie : pas de remise ni d'avantage en échange d'un avis positif.

Ce qu'il faut éviter

Promettre un résultat

« Obtenez votre indemnisation maximale », « divorce réussi garanti » : toute formulation qui laisse croire à un résultat certain est à proscrire. Un avocat est tenu d'une obligation de moyens.

Se comparer ou dénigrer

Les publicités comparatives avec des confrères et les propos dénigrants sont contraires aux règles de la profession. On parle de ce que l'on fait, pas de ce que font mal les autres.

Se dire « spécialiste » sans certificat

Le terme « spécialiste » est réservé aux avocats titulaires d'un certificat de spécialisation délivré par le Conseil national des barreaux. Sans certificat, on parlera plutôt de « domaines d'activité » ou d'« activités dominantes ».

Révéler une information couverte par le secret

Citer un client sans son accord, décrire un dossier identifiable, confirmer dans une réponse à un avis qu'une personne a été cliente : autant de risques à éviter. Le secret professionnel s'applique aussi en ligne.

Payer un apporteur d'affaires

La rémunération d'apports d'affaires est interdite. Un partenariat avec une plateforme doit donc être examiné de près : la frontière entre annuaire payant et apport d'affaires rémunéré n'est pas toujours évidente.

Le cas particulier des avis Google

Un avis négatif peut être frustrant, surtout s'il est injuste. Mais la réponse doit rester prudente :

  • ne jamais confirmer ni infirmer que la personne a été cliente ;
  • ne jamais évoquer le contenu d'un dossier ;
  • préférer une réponse courte, courtoise et générale, du type : « Nous sommes attentifs à tous les retours. Pour toute question, notre cabinet reste joignable au numéro indiqué. »

Si un avis est manifestement diffamatoire ou faux, une demande de retrait peut être adressée à Google, voire une action en justice envisagée.

Et le site lui-même ?

Les mentions obligatoires

Comme tout site professionnel, votre site doit permettre de vous identifier : nom, adresse du cabinet, coordonnées, barreau d'inscription, ainsi que les mentions prévues pour la protection des données personnelles.

Le nom de domaine

Le RIN encadre aussi le nom de domaine et la déclaration du site à l'Ordre. Vérifiez les règles applicables auprès de votre barreau avant de réserver une adresse.

Les honoraires

Informer sur ses honoraires rassure les justiciables. La convention d'honoraires reste, elle, obligatoire. Un honoraire uniquement fondé sur le résultat (le « pacte de quota litis ») est interdit ; un honoraire de base assorti d'un complément de résultat est en revanche possible.

Checklist avant de publier

Avant de mettre en ligne une page, une annonce ou un post, vérifiez :

  1. L'information est-elle exacte et vérifiable ?
  2. Y a-t-il une promesse de résultat, même implicite ?
  3. Un confrère est-il comparé ou visé ?
  4. Le mot « spécialiste » est-il utilisé à bon droit ?
  5. Un client ou un dossier est-il identifiable ?
  6. Les mentions obligatoires sont-elles présentes ?

En résumé

La communication d'un avocat n'est pas interdite : elle est encadrée. Un site clair, des contenus utiles, des annonces sobres et une gestion prudente des avis sont parfaitement compatibles avec la déontologie, et ce sont souvent les approches les plus efficaces pour recevoir des demandes de qualité.

Tous nos sites et nos campagnes sont conçus dans ce cadre, et vous relisez chaque contenu avant sa publication. Pour en parler, échangeons 30 minutes, ou découvrez notre offre Visibilité & communication. Vous pouvez aussi mesurer où en est votre cabinet avec le diagnostic gratuit.

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